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Causses, Gorges et Plaine

Le territoire d’intervention de l’association est caractérisé par une présence forte de l’élevage, activité qui valorise près de 80 % du territoire, en espaces « naturels » ou cultivés. Les systèmes d’élevage présents sont tous fortement utilisateurs de surfaces « en herbe » que ce soit des parcours ou des prairies permanentes et temporaires se situant essentiellement sur les plateaux mais pouvant aussi occuper des espaces de fonds de vallée et les coteaux en proximité.

Ainsi, l’agriculture se caractérise par :
- Une très grande diversité des productions et des espèces élevées.
- Une dynamique d’installation disparate, où l’élevage maintien plutôt ses actifs contrairement à la viticulture. En revanche de nouvelles activités plutôt qualifiés de diversification se créent.
- Une proximité avec les consommateurs (ex : ventes directes).
- Un rôle de gestionnaire des territoire de plus en plus reconnu (ex : agropastoralisme et biodiversité, agropastoralisme et maintien des paysages) au niveau mondial (inscription des Causses et de Cévennes au patrimoine mondial de l’humanité), au niveau européen (démarche Natura 2000) et au niveau national (Opération Grand Site de Navacelles).
- Une prise en compte des autres usages du territoire (ex : passage de clôture).

Les défis à relever sont :
- l’accessibilité au foncier (ex : reprises/successions, ventes) ;
- l’économie (prix de vente des productions) ;
- les changements climatiques (ex : sécheresses)…

Causse Noir, Causse Bégon, Causses de Blandas et de Campestre

Évolution de la répartition de la surface agricole

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Source : RPG 2007 et 2010

Statut des exploitants agricoles

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Source : DDTM du Gard, données 2014 issues du fichier consulaire

Recensement réglementaire 2013 et 2014 concernant la répartition des cheptels sur les 32 exploitations ayant plus de 10 bovins adultes ou plus de 50 brebis viande ou plus de 25 chèvres laitières

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Source : DDTM du Gard.

Les Gorges de la Vis et de la Virenque

Côté Gard, 32 exploitations ont leur siège social sur les 7 communes « à cheval » sur les causses et les gorges (Campestre-et-Luc, Alzon, Vissec, Blandas, Rogues, Montdardier, St Laurent le Minier). Une analyse plus précise en 2010 montre que seulement 10 exploitations présentes sur ces 7 communes valorisent des surfaces à l’intérieur du site Natura 2000 « Gorges de la Vis et Cirque de Navacelles » plus une pisciculture :
- 1 élevage mixte bovin viande – ovin viande
- 2 élevages mixte ovin lait roquefort – bovin viande
- 2 élevages ovin lait
- 1 élevage ovin viande
- 1 élevage caprin fromager
- 1 élevage mixte bovin viande – caprin lait
- 2 élevages bovin
- 1 pisciculture bio (St Laurent le Minier)

La plupart des élevages valorisent les milieux en bordure haute du site, sur les Causses de Campestre et de Blandas, sur des zones de parcours. Les pentes importantes constituent une limite au delà de laquelle les animaux ne s’aventurent pas. Les parcelles hautes qui débordent dans le site ne sont pas systématiquement clôturées. Dans la partie amont du site (vallées du ruisseau des Mourgues, de la Virenque et de la Vis), les pentes sont plus souvent valorisées en amont du village de Vissec par le pâturage caprin, ovin et bovin. Ces zones de pâture sont des landes et parcours clôturés, sauf pour un troupeau caprin qui fait l’objet d’un gardiennage (commune de Vissec). On compte peu de parcelles de fauches (luzerne) dans le site, hormis sur les communes de Vissec et d’Alzon : les surfaces concernées sont réduites et fertilisées avec des quantités variables du fumier des exploitations concernées.
Une exploitation caprine a son siège et ses bâtiments à l’intérieur du site : les eaux blanches de la laiterie sont collectées, dégraissées puis envoyées dans une fosse avant épandage via un réseau de drains sur une parcelle dédiée. Les autres exploitations ont leurs bâtiments d’élevage sur les causses.
Les zones de pâture situées à l’intérieur du site Natura 2000 « Gorges de la Vis et Cirque de Navacelles » correspondent à des parties de parcs beaucoup plus grands et servent notamment d’abris aux troupeaux. Les éleveurs et les résidents sur le site Natura 2000 « Gorges de la Vis et Cirque de Navacelles » constatent avec regret la fermeture des milieux. La déprise et les pratiques agricoles actuelles (passage des ovins au bovins et diminution de la pression de pâturage, abandon du gardiennage, de la coupe de buis pour la litière ou d’autres usages) ne suffisent plus aujourd’hui à contenir la fermeture des milieux.
Le maintien de parcelles de milieux ouverts sur le site est néanmoins important pour les espèces préférant ce type de milieux et pour celles qui utilisent les écotones. Ces parcelles produisent une mosaïque de milieux favorable à la plupart des espèces et à la biodiversité générale du site.

Autres activités agricoles
5 exploitations avant leur siège à l’intérieur du site Natura 2000 « Gorges de la Vis et Cirque de Navacelles ».
Les exploitations arboricoles et maraîchères occupent une surface de l’ordre de 7 ha avec des productions de pommes de terre, salades, aubergines, courgettes, etc. Les pratiques phytosanitaires sont modestes.
Environ 20 hectares de terres sont cultivées en fourrage (prés, luzerne) entre la partie Nord-Ouest du Site et l’embouchure de la Vis à Cazilhac. Il s’agit le plus souvent de petites parcelles.
A noter, la production anecdotique en volume de plantes hyper-accumuiatrices de métaux sur un site d’ancienne exploitation minière (Pelouses calaminaires vers St Laurent-le-Minier).

Le Causse du Larzac et le Lodévois

Une étude réalisée dans le cadre de la mise en œuvre de la phase 2 du programme Terra Rural « Lodévois et Larzac » en 2014 a permis de caractériser l’agriculture du Lodévois et Larzac par les données suivantes :
- SAU (surface agricole utile) : 22 700 ha sur une surface totale du Lodévois et Larzac de 55 200 ha (41%).
- 350 entreprises (agriculture, pêche, forêt) soit 26 % des entreprises du territoire.
- De l’ordre de 340 emplois soit 7,5 % de l’emploi sur le territoire et même 430 emplois en unités de travail agricole (UTA) si on compte la main d’œuvre familiale, ce qui est une réalité de l’agriculture.
- Plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires générés sur le territoire par les exploitations agricoles.
- Quelques 30 caves particulières.
- 3 coopératives vinicoles qui collectent sur le territoire, dont une basée à Pégairolles de l’Escalette.
- Au moins 10 entreprises de petit agroalimentaire ou de services à l’agriculture (transformation du lait, conditionnement du vin, épicerie fine, etc.), générant plus de 17 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 95 emplois.
- 5 organisations de producteurs ou metteurs en marché (hors vigne) collectant sur le Lodévois et Larzac.

Productions

Le Lodévois et Larzac compte quasiment autant d’exploitations agricoles « professionnelles » d’élevage que viticoles. Ce sont les deux productions phares du territoire.
Les 76 exploitations d’élevage qui ont leur siège sur le territoire valorisent 22 000 ha.
Le chiffre d’affaires des exploitations d’élevage du territoire est estimé à 9,5 millions d’euros.
Selon les données du RGA de 2010, les cultures se répartissent comme suit :
- 1 % de céréales,
- 6 % de vignes,
- 93 % de fourrages et superficie toujours en herbe.

L’élevage du territoire est très diversifié. Il occupe l’espace, notamment sur les Causses, depuis le néolithique moyen mais il est aussi présent de longue date sur les contreforts dans une forte complémentarité élevage/agriculture. L’élevage ovin est bien entendu toujours très présent, que ce soit comme élevage laitier (principalement pour le Roquefort) ou allaitant (pour la viande). On compte 15 troupeaux ovins regroupant plus de 6 200 mères au total. Pour différentes raisons (politiques agricoles et aides à la production, contraintes d’exploitation, de travail), l’élevage ovin, prédominant jusque dans les années 1990 a progressivement fait une place relativement importante à l’élevage bovin, en particulier aux vaches allaitantes (pour la production de viande). On compte désormais 10 troupeaux de vaches allaitantes sur le Lodévois et Larzac, représentant environ 800 mères. L’Aubrac est la race principale pour ces élevages mais on trouve aussi des Limousines ou Blondes d’Aquitaine. Aux côtés de ces trois types d’élevage principaux (ovin viande, ovin lait, bovin viande), on trouve aussi d’autres productions : des caprins (4 troupeaux ; avec transformation fermière ou via la SCOP les Fromages du Salagou), des vaches laitières (3 troupeaux), des élevages équins, asins. Et du petit élevage (volailles de chair et pondeuses, porcs plein air). Ces exploitations d’élevage ont des « profils » très divers : certaines spécialisées dans une production (c’est souvent le cas par exemple des exploitations en brebis laitières ou en vaches allaitantes) ; d’autres portant plusieurs ateliers au sein de la même exploitation (volailles et chèvres, élevage laitier et élevage viande, vaches allaitantes et brebis laitières, etc.). C’est aussi une richesse de notre agriculture locale.
Tous ces élevages pâturent plus de 27 000 ha de surfaces (parcours, bois, prairies). Autour de 350 ha de terres labourables sont quant à elles consacrées à la culture fourragère (foin, luzerne, céréales) pour les troupeaux.
Le Lodévois et Larzac accueille aussi 2 entreprises piscicoles et plusieurs apiculteurs.

La viticulture : une production en mutation... après la crise : la reconquête ?
Le territoire est marqué, comme l’ensemble de la région Languedoc-Roussillon, par la crise viticole. La fermeture de la cave coopérative de Lodève (fusion au sein de Clamery) puis de celle de St-Jean-de-la-Blaquière (fusion avec celle de St-Félix-de-Lodez) provoquent le pic d’arrachage sur le secteur. Le territoire connaît cependant une nouvelle dynamique avec la reconnaissance de la spécificité du terroir viticole des Terrasses du Larzac en 2004 (dénomination au sein de l’AOC Languedoc et demande de reconnaissance en AOC en cours).
Aujourd’hui, on compte, sur le Lodévois et Larzac, près d’une centaine d’exploitations viticoles « professionnelles » auxquels s’ajoutent de nombreux viticulteurs double-actifs et retraités qui conservent quelques arpents de vignes. Trois caves coopératives collectent des raisins sur notre territoire, l’une d’entre elles est basée à Pégairolles-de-l’Escalette. Une trentaine de caves particulières transforment leurs raisins. La plupart font de la vente au caveau.
En 2009, le nombre dexploitants viticoles se répartie en 80 % de coopérateurs valorisant 65 % de la surface, 17 % en caves particulières valorisant 27 % de la surface et 3 % en partiel valorisant 8 % de la surface.
Concernant le volume de production, il est possible de l’estimer à 60 000 hl de vin dont 23 % sont transformés en caves particulières
Le chiffre d’affaires est estimé pour la production viticole (au niveau des exploitations) de 9,3 millions d’euros.
La taille moyenne des exploitations viticoles est de 9 ha pour les caves particulières, 13 ha d’apporteurs partiels et 4,6 ha pour les adhérents en cave coopérative.

La production d’olives, culture emblématique des milieux méditerranéens.
Elle s’est redéveloppée sur le Lodévois pendant la décennie 1985/1995 en lien avec des aides à la plantation et le dynamisme de certains producteurs localement. Elle concerne principalement 3 communes (78 % du potentiel de production) : St-Jean-de-la-Blaquière, Saint-Privat, Le Bosc.
Cette production représente plus de 30 000 arbres sur 450 ha 264 détenteurs d’oliveraies, 5 producteurs « professionnels » pour 18 % des arbres et de nombreux non-agriculteurs.
L’Huilerie Confiserie Coopérative de Clermont-L’Hérault transforme la majorité de la production associée à un moulin et une confiserie sur le Cœur d’Hérault. 3 producteurs transforment et vendent en circuits courts. Une initiative est aussi présente autour de la cosmétique et des soins corporels : centre d’oléothérapie.

Les autres productions végétales
Outre la vigne et l’olivier, d’autres productions végétales sont cultivées sur le Lodévois et Larzac.
Une partie d’entre elles sont cultivées par les exploitations d’élevage pour nourrir les troupeaux (350 ha). Mais il existe aussi une production de « grandes cultures » (blé principalement) hors céréales fourragères y compris pour la production de semences. Quelques exploitations produisent des fruits et/ou des légumes (une dizaine de producteurs qui ont, soit d’autres activités sur l’exploitation, soit sont pluriactifs). Enfin, le Lodévois compte 4 pépinières (horticulture, plants maraîchers ou plants
fruitiers).

Installations agricoles
La dynamique d’installation agricole sur le territoire est réjouissante. La majorité des installations se font dans les productions phares du territoire : l’élevage et la vigne mais cela cache en réalité une diversité importante de parcours et de productions.
64 installations agricoles sont répertoriées depuis 2007 sur le territoire, environ 70% à titre principal ou secondaire dont 10 installations bénéficiant de la DJA (dotation jeune agriculteur), 1/3 des installations en tant que cotisant solidaire, 39 % en polyculture-élevage et 44% en vigne.
Ces installations sont source d’innovation dans leurs productions, dans leur mode de transformation, dans leur commercialisation mais aussi dans l’accès au foncier (association avec des investisseurs, crowdfunding par exemple).
On peut citer pour exemple :
- en terme de production, porc bio plein air, volailles fermières, plants maraîchers, safran, spiruline, lait d’ânesse, grenades, omble chevalier, élevage de larves, etc.
- ou dans la transformation, vins, fromages, différentes productions de cosmétiques (à base de lait d’ânesse, à base d’huile d’olive, à base de plantes aromatiques et médicinales issues de la production ou de la cueillette), confitures, confiserie d’olive, jus de fruits, production de compost de buis, etc.
Ces nouveaux installé(e)s sont l’avenir de ce territoire et contredisent l’idée trop souvent répandue, selon laquelle il n’y aurait plus d’avenir dans l’agriculture.

Commercialisation
En lien avec la diversité des exploitations agricoles, les modes de commercialisation des produits agricoles se sont diversifiés eux aussi :

  • Les organisations de producteurs sont encore très présentes et essentielles aux filières : pour exemple la filière lait (Roquefort en particulier), la filière viande et les coopératives vinicoles. Trois caves coopératives collectent, transforment et commercialisent le raisin sur notre territoire. Deux autres opérateurs économiques de proximité sont importants pour nos producteurs : l’entreprise de transformation laitière (sous statut SCOP) « Les Fromages du Salagou » ; et la SICA du Caroux sur les filières fruits et légumes, qui développe tout particulièrement sa commercialisation auprès des collectivités locales (restauration collective).
  • La vente directe prend de nombreuses formes :
    - La vente sur les exploitations, par livraison, ou par expédition : elle se développe et de nombreuses exploitations ont un site internet sur lequel il est possible de commander. Le développement de la vente directe pour les exploitations d’élevage allaitant a été permis par la création de l’atelier de découpe attenant à l’abattoir de Pézenas.
    - Le développement des caves particulières : qui pour une grande partie d’entre elles ont un caveau de dégustation.
    - Un magasin collectif de producteurs à Lodève.
    - Les AMAP (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne) : il n’y en a pas à ce jour en Lodévois et Larzac, mais des producteurs sont membres d’AMAP situées sur des territoires voisins.
    - Des formules « panier », regroupant plusieurs producteurs.
    - Les marchés : marché languedocien du samedi matin à Lodève, marché de producteurs de pays pendant l’été, les mardis en fin d’après-midi, marché de la Bascule les dimanches estivaux à La Vacquerie.
    - Le futur Office de commerce, de l’industrie, de l’artisanat et de l’agriculture sera ouvert au secteur agricole.
    - L’ouverture de certaines GMS alimentaires (grandes moyennes surfaces) aux produits locaux.
  • Outre la vente directe, d’autres réseaux de commercialisation en circuits courts, existent :
    - Par exemple 4 boutiques proposent d’ores et déjà, sur le territoire, des produits du terroir ; dont une en gestion intercommunale. Une cinquième boutique est en projet.
    - Certains producteurs peuvent commercialiser ou s’associer dans des boutiques de produits locaux sur les gros centres urbains, à Montpellier ou à Béziers.
  • L’abattoir de Pézenas. Il traite plus de 2 000 tonnes de viande par an (42 % bovins ; 39 % ovins) dont environ 140 tonnes sont découpées dans l’atelier de découpe attenant à l’abattoir.

L’agriculture en Lodévois et Larzac, bien que déjà plus diversifiée que sur d’autres territoires voisins où la vigne règne quasiment sans partage, est confrontée à d’importants enjeux. L’ensemble du territoire connaît une déprise agricole, que ce soit par évolution de la typologie des exploitations d’élevage (l’élevage bovin prenant parfois le pas sur l’élevage ovin sur le Causse) ou du fait de l’arrachage ou l’abandon des vignes, et dans une moindre mesure des vergers.
Cette déprise agricole a diverses conséquences : fermeture des milieux conduisant à l’appauvrissement de la biodiversité, altération des paysages, augmentation du risque incendie pour les populations locales, etc.. Elle contribue par ailleurs à l’idée selon laquelle il n’existe pas d’avenir pour l’agriculture ici.
Par ailleurs, l’accès au foncier est difficile. Si la pression urbaine de Montpellier s’est légèrement stabilisée les deux dernières années au sud du territoire, les villages autour de Lodève sont au coeur d’une demande croissante de terrains constructibles en lien avec la dynamique positive que la démographie du Lodévois et Larzac a retrouvée. L’accès au foncier agricole entre ainsi en concurrence avec d’autres usages : urbanisation, activités de loisirs, aménagements publics, etc.
Les agriculteurs se trouvent aussi confrontés à d’autres difficultés : la réticence des propriétaires fonciers à louer ou vendre leurs terres. Enfin, la rurbanisation et la pression foncière rendent de plus en plus difficile pour les agriculteurs la conception de leurs bâtiments d’exploitation, parfois en raison d’une méconnaissance / sous-estimation de ces questions lors de la rédaction des documents d’urbanisme.