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QUELS SONT LES MOYENS D’ACTION ? TOUS CONCERNES

Différents moyens ont été préconisés et mis en œuvre depuis plusieurs années, au niveau européen comme au niveau national.
Il existe aujourd’hui un consensus général sur le fait que la limitation des émissions à la source doit être privilégiée, aussi bien dans les zones agricoles que dans les zones urbaines.
En France, un plan Ecophyto a été mis en place suite au Grenelle de l’Environnement.
Objectif  : diminuer par deux la consommation des pesticides d’ici 2018.
Constat en 2013  : la consommation a seulement été stabilisée entre 2009 et 2012.

Zones rurales

Comment réduire à la source les pesticides produits par les zones rurales ?
En France, l’agriculture étant le principal consommateur de pesticides, il est nécessaire d’agir sur cette source :
- réduire les quantités utilisées en production agricole ;
- réduire les pertes à l’application ;
- mieux collecter les résidus et les surplus, limiter les fuites.

Comment limiter le transfert des flux produits par les zones agricoles vers les milieux aquatiques ?
- Réduire les transferts par ruissellement
- Intercepter les flux au plus près de leurs points d’émission.

Zones urbaines

Comment réduire à la source les pesticides produits par les zones urbaines ?

1- Réduire l’utilisation des pesticides par les collectivités et les particuliers
- Limiter au maximum, et si possible à supprimer totalement l’utilisation des pesticides, et en particulier des herbicides, par les collectivités et les particuliers. Cette mesure est souvent médiatisée sous le nom « zéro phyto », « zéro pesticides » ou en utilisant le jeu de mots « phyt’eau ».
- Inciter les particuliers à utiliser moins de pesticides est une mesure de bon sens, à la fois en termes d’émissions vers les milieux aquatiques, mais également en termes de santé publique. Les doses ingérées, soit par la voie pulmonaire au moment de la pulvérisation, soit par la voie cutanée au moment de la préparation ou du rinçage, sont en effet très largement supérieures à celles ingérées en buvant de l’eau contenant des traces infimes de résidus.

2- Mieux collecter les résidus pour réduire les émissions « sauvages »
Il est très difficile de connaître les quantités renvoyées dans l’environnement par des vidanges ou des mises en décharge sauvages de produits périmés ou inutilisés. Tout porte cependant à croire qu’elles ne sont pas négligeables. Il est donc absolument nécessaire de mieux organiser la collecte et de sensibiliser les citoyens à la nécessité de rapporter leurs produits inutilisés dans les déchetteries après les avoir convenablement triés.

3- Désimperméabiliser les villes et déconnecter les surfaces imperméables des réseaux d’assainissement
L’origine réelle des pesticides renvoyés par les villes (produits utilisés sur le territoire de la ville ou substances d’origine agricole apportées par les agents atmosphériques) n’est pas encore parfaitement élucidée. En revanche, il est certain que le très fort taux de fuite est dû au caractère imperméable du sol des villes. Les différentes substances ne peuvent en effet pas se fixer de façon efficace sur les sols urbains et sont lessivées au moment des pluies. Réduire les surfaces imperméables et les déconnecter des réseaux de collecte constituent donc des outils efficaces pour réduire les rejets.

Comment limiter le transfert des flux produits par les zones urbaines vers les milieux aquatiques ?
Développer l’efficacité des stations d’épuration
Il s’agit d’une solution potentiellement efficace pour un grand nombre de polluants que l’on retrouve dans les réseaux d’assainissement. De façon assez spécifique les pesticides semblent assez bien éliminés par des procédés de fixation, par exemple en utilisant du charbon actif ou des zéolites.
Ce type de traitement n’est cependant possible qu’en temps sec (alors que ce sont les périodes de pluie qui apportent le plus de pesticides du fait du lessivage des surfaces). De plus, son coût est important.

Industriels

Obligations des industriels pour la mise sur le marché de pesticides
La mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques est régie au niveau européen par un règlement de 2009 (n°1107/2009) qui abroge la directive de 1991.
Au moment de leur mise sur le marché, les industriels doivent faire la preuve scientifique de leur innocuité à court et à long terme, de leur efficacité sur les organismes nuisibles à contrôler et de leur sélectivité sur la (ou les) culture(s) traitée(s).
L’autorisation de Mise sur le Marché (AMM) résulte d’une démarche en deux étapes, avec une approbation au niveau européen, puis une autorisation au niveau national.

Agriculteurs

Une agriculture « industrielle » et intensive a été développée depuis le milieu du XXème siècle pour augmenter notamment des rendements afin de pouvoir nourrir aujourd’hui 8 milliards de terriens alors que dans les années 1950, on doutait de pouvoir en nourrir plus de 3 milliards. Source : Agence de l’Eau
Ce modèle agricole est cependant remis en cause pour des raisons multiples.
Les raisons associées à l’usage des pesticides :
- les pesticides utilisés sont dangereux pour la santé des professionnels ;
- les espèces visées développent des résistances de plus en plus fortes et l’efficacité de certains pesticides diminue ;
- les prédateurs naturels des nuisibles visés sont également des victimes indirectes de l’utilisation des pesticides ; leurs populations déclinent et la capacité de lutte naturelle de l’écosystème contre ces nuisibles diminue ;
- les effets indésirables des pesticides sur les écosystèmes sont de mieux en mieux connus.

Pour répondre à ces difficultés, d’autres modèles de production agricole sont possibles :
- l’agriculture raisonnée. Il s’agit d’une démarche qui vise à limiter le recours aux pesticides par le raisonnement des traitements en fonction de seuils d’intervention adaptés.
- l’agriculture intégrée. Elle cherche à réduire les risques liés aux parasites ou aux maladies et à devenir moins dépendante des produits phytosanitaires. La lutte chimique est utilisée en dernier recours lorsque les moyens alternatifs ne suffisent pas à limiter les pertes économiques liées à un parasite ou à une maladie.
- l’agriculture biologique. Elle vise à supprimer totalement l’utilisation d’intrants chimiques de synthèse, et en particulier des pesticides.

S’il paraît difficile à court et moyen terme de supprimer totalement l’utilisation des pesticides, il existe donc différents moyens d’en limiter l’utilisation en agriculture. Il est également possible de limiter leurs transferts vers les milieux aquatiques.